Interne ou cabinet
Cabinet et client : qui est responsable des données du candidat ?
Pour qui : Votre client vous envoie un contrat qui vous désigne sous-traitant, ou votre avocat vous pose la question. Vous voulez savoir qui répond de quoi sur les données des candidats.
Cela dépend de qui décide du pourquoi et du comment. Le guide de la CNIL décrit un cabinet qui peut être qualifié de responsable de traitement pour le vivier qu’il utilise dans son activité habituelle de placement. Le client, destinataire des CV présélectionnés, devient à son tour responsable de la base qu’il constitue.
Le cabinet n’est donc pas d’office sous-traitant. Il peut l’être dans d’autres cas, que le guide décrit. Le rôle s’écrit au contrat, mission par mission.
Notre avis
Écrivez le rôle par type de mission, en partant des faits. Votre vivier habituel vous rend probablement responsable du traitement, même si un client vous écrit « sous-traitant ». Une externalisation du recrutement, dite RPO, où vous appliquez le cahier des charges du client, entre au contraire dans la sous-traitance selon le guide.
Pourquoi
- Le guide fait dépendre la qualification de celui qui détermine les finalités et les moyens du traitement.
- Il avertit qu’un organisme qui décide concrètement reste responsable même s’il est désigné sous-traitant dans un contrat.
- Il décrit des cas distincts pour un même cabinet : un contrat type unique ne peut donc pas tous les couvrir.
Ce qui change le choix
Le client définit à l’avance tous les paramètres et vous appliquez ses directives, sans finalité propre : vous entrez dans la sous-traitance décrite par le guide.
L’ordre à suivre
- Placement habituel depuis votre vivier : responsable de ce traitement, selon l’exemple du guide.
- Externalisation sur cahier des charges : sous-traitant.
- Outil et méthode construits avec le client : responsabilité conjointe possible.
Les cas décrits par le guide
Le guide précise que ces exemples ne préjugent pas des qualifications retenues en pratique. La qualification se fait au cas par cas.
| Situation | Rôle envisagé par le guide | Formulation à garder |
|---|---|---|
| Vivier générique, utilisé pour placer chez des clients | Responsable de traitement | « peut être qualifié » |
| Base créée pour un client, à partir de paramètres inhabituels demandés par lui | Sous-traitant | « pourrait », hypothèse dite très exceptionnelle |
| RPO : le client externalise son recrutement et fixe un cahier des charges | Sous-traitant | « entre dans le champ de la sous-traitance » |
| Critères inhabituels, outil et méthode élaborés avec le client | Responsabilité conjointe | « pourrait être retenue », hypothèses jugées assez rares |
| Service créé pour un client, mêlant ses CV et ceux du cabinet | Responsable conjoint | « pourrait », exemple du Comité européen cité par le guide |
Pourquoi écrire « sous-traitant » au contrat ne suffit pas
Le guide avertit qu’un organisme qui décide concrètement pourquoi et comment les données sont traitées doit être considéré comme responsable de traitement, même s’il est désigné sous-traitant dans un contrat. Les autorités ne sont pas liées par ce choix.
En cas de responsabilité conjointe, le guide demande de conclure un accord qui définit les rôles de chacun, sauf si le droit les fixe déjà. Il précise que cet accord n’est pas opposable à la personne concernée : un candidat peut s’adresser à chacun.
Écrire les rôles, mission par mission
Trois questions suffisent pour préparer l’échange avec votre conseil.
- Qui a décidé de créer cette base ? Votre vivier existait avant ce client : cela penche vers votre responsabilité.
- Qui fixe les données, la durée, les règles de suppression ? Si c’est le client, par écrit et en détail, regardez le cas du RPO.
- Que faites-vous des données après la mission ? Les garder pour d’autres clients suppose une finalité propre, ce qui ne colle pas avec un rôle de simple exécutant.
L’éditeur de logiciel a un troisième rôle
Le guide range les fournisseurs de logiciels hébergés parmi les destinataires, quand ils agissent en sous-traitants d’un employeur. Nicoka prévoit dans ses conditions une annexe intitulée accord de sous-traitance. Ce document organise votre relation avec l’éditeur. Il ne règle pas celle que vous avez avec votre client. Lisez les deux à part.
Limites de cette page
La qualification se fait au cas par cas et nous n’en faisons aucune ici. Le guide date de 2023. Nous n’avons lu ni les lignes directrices européennes à la source, ni de décision de sanction, ni le contenu de l’annexe de Nicoka. Sur un contrat à signer, l’enjeu justifie l’avis de votre DPO ou d’un avocat.
Prochaine action
Classez vos missions en vivier habituel, cahier des charges du client et outil construit ensemble. Écrivez le rôle par type de mission dans vos contrats, puis faites-les relire. Si le client décide de tout dans une mission précise, ne reprenez pas le rôle de votre vivier habituel.
Preuves et sources
Lu le 5 novembre 2026 : guide de la CNIL sur le recrutement du 30 janvier 2023, fiche 3, p. 14 à 19, et fiche 6, p. 35. Les lignes directrices du Comité européen de la protection des données n’ont été lues qu’à travers ce guide. Conditions de Nicoka sur l’annexe de sous-traitance, intitulé seulement.
Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun logiciel n’a été testé. Notre méthode, connexions relevées et prix relevés.
Fait lu. Le guide présente un cabinet comme pouvant être qualifié de responsable du traitement constitué pour un vivier utilisé dans son activité habituelle de placement, le client devenant responsable de la base qu’il constitue ensuite.
Portée : Guide CNIL du 30 janvier 2023, fiche 3, p. 14-15.
Réserve : Exemple, pas qualification automatique.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Une base créée spécialement pour un client à partir de paramètres que le cabinet ne traite pas habituellement pourrait placer celui-ci en sous-traitant, hypothèse dite très exceptionnelle.
Portée : Guide CNIL, fiche 3, p. 15.
Réserve : Conditionnel du texte à conserver.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le RPO entre selon le guide dans le champ de la sous-traitance, le client fixant un cahier des charges et le prestataire n’ayant pas de finalité propre.
Portée : Guide CNIL, fiche 3, p. 18.
Réserve : Vaut pour ce dispositif, pas pour le placement habituel.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Une responsabilité conjointe pourrait être retenue pour un outil et une méthodologie élaborés avec le client, ou pour un service mêlant CV du client et du cabinet, d’après le CEPD cité par le guide ; ces hypothèses semblent assez rares.
Portée : Guide CNIL, fiche 3, p. 15 et 19 ; lignes directrices du 2 septembre 2020 citées.
Réserve : Lignes directrices lues à travers la CNIL.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Les autorités de contrôle ne sont pas liées par la qualification retenue par les parties, et une requalification est toujours possible.
Portée : Guide CNIL, fiche 3, p. 14.
Réserve : Principe rappelé par la CNIL, hors décision particulière.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L’accord de responsabilité conjointe ne lie que les parties et n’est pas opposable à la personne concernée pour l’exercice de ses droits.
Portée : Guide CNIL, fiche 3, p. 19.
Réserve : Vaut en cas de responsabilité conjointe.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Les fournisseurs de logiciels en mode SaaS sont présentés comme destinataires quand ils agissent en sous-traitants d’employeurs directs.
Portée : Guide CNIL, fiche 6, p. 35.
Réserve : Ne qualifie aucun éditeur nommé.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Les CGS de Nicoka comportent une annexe intitulée accord de sous-traitance RGPD.
Portée : CGS lues le 5 novembre 2026.
Réserve : Contenu de l’annexe non lu ; pas une preuve de conformité.
- Nicoka : Conditions générales de services non datée dans la lecture ciblée. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre méthode. Les trois questions sont une démarche de préparation que nous proposons.
Portée : Cabinets français.
Réserve : Ne vaut pas qualification.
Daté du 5 novembre 2026.
Fait lu. Le guide demande que des responsables conjoints concluent un accord définissant leurs rôles et obligations respectifs, sauf si ces obligations sont déjà définies par le droit.
Portée : Guide CNIL, fiche 3, p. 19.
Réserve : Vaut en cas de responsabilité conjointe.
- CNIL : Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles et questions-réponses Publié le 30 janvier 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.